mercredi 6 mars 2019

PLU i HD - Rejet des Talantais !


Le conseil municipal était appelé à se prononcer hier sur l'ensemble du PLUi HD préparé par la Métropole. A l'unanimité des suffrages exprimés, le texte a été rejeté.
Il faut admettre que la procédure d'élaboration de ce document est longue et complexe. On vote souvent sur ce sujet : pour arrêter la concertation, pour arrêter le projet, pour valider toutes les étapes d'un chemin de croix administratif.
Cette fois, il s'agissait de voter une bonne fois pour toute pour le PLU i HD... Encore que, ce n'est pas complètement sûr, puisque nous entrons désormais dans la phase d'enquête publique sur le document lui même !
Une étape longue de plusieurs mois mais que la Ville de Talant suivra avec méticulosité.

Pourquoi ce vote contre ?
Pour trois raisons essentielles
  • d'abord, le PLU i HD a refusé d'intégrer les demandes des Talantais exprimées lors de la grande consultation de 2016-2017. Les élus représentant les habitants ne peuvent pas valider un projet auquel les citoyens s'opposent
  • ensuite, les spécificités talantaises ne sont pas reconnues et les objectifs notamment en matière d'habitat ne sont pas cohérents avec ceux de Talant
  • enfin, alors même que certaines réalités géographiques et sociales ne sont pas du tout prises en compte (Talant n'a pas la même densité de logements sociaux qu'ailleurs et n'a pas la même géographie), des passe-droits sont instaurés pour Dijon qui se réserve certains équipements.
Les Talantais peuvent consulter le dernier document

Voici les allocutions prononcées mardi 5 mars lors du Conseil
(sont reproduits ici les textes parvenus)

Noëlle CAMBILLARD
« Nous sommes ce soir devant un document qui pourra être présenté dans toutes les études comme modèle de ce qu’il ne faut pas faire en termes de co-construction politique et sociétale. Partant d’une idée pas forcément inadéquate de rassembler dans un même document l’urbanisme, les déplacements et l’habitat, la Métropole a mené son dossier avec des méthodes de communication et de participation datant du siècle dernier tout en refusant de l’assumer dans une mauvaise foi digne de l’ère soviétique.
Quelques exemples :
-         des réunions de travail en pleine journée, manifestement réservés aux élus professionnels, apparatchiks  installés et dont on nous dit « vous n’aviez qu’à y être ! »
-         des « décisions » présentées comme ayant été prises par l’ensemble des élus sinon des maires, alors qu’ils n’ont été réunis que pour une « conférence » sans ordre du jour, ni vote 
-         des documents qui changent de version  en cours de route et qui aboutissent à ce que les communes ne se positionne pas sur le même texte que le conseil Métropolitain, mais dont on nous dit que « c’est pas grave puisque l’esprit reste le même ».
Il y a là-dedans une grande brutalité institutionnelle qui s’est exercée aussi vers les citoyens :
-         des réunions publiques à 17h30 en semaine, qui comptent 42 participants élus et services compris et qui sont restituées comme ayant rassemblé « environ 60 personnes »
-         un site internet poussivement mis à jour, fatras logomachique sans transparence ni pédagogie
-         et surtout, un document rédigé dans une langue chargée, techno, incompréhensible : à titre d’exemple parmi mille autres, je cite « la volonté de repenser les espaces et paysages urbains autour d’espaces publics solidaires et durables, partagés et accessibles, pour des déplacements vertueux ». Traduction SVP ? On a le sentiment que les rédacteurs ont empilé des mots à la mode et coché les cases correspondantes.

Finalement, un document ni contemporain, pas même moderne, construit par une administration efficace et performante mais que la majorité métropolitaine n’a pas pris soin de contenir, l’engageant au contraire sur les mauvais penchant de l’orgueil technocratique : un vrai naufrage démocratique…
C’est crucial car, à trop malmener la forme, le fond devient immangeable ; et si c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, c’est dans ce genre de gamelles qu’on fait ces tristes potages. »

Sylvie CASTELLA
« Nous avions déclaré ici, l’an dernier, notre inquiétude sur un certain nombre d’aspects du PLU i HD ; je me souviens que nos collègues de Vivre Talant avaient pris soin de dénoncer ces inquiétudes, parlant « d’outrances » et de « caricatures » ; je veux quand même revenir sur un sujet qui m’est cher et que M. Woynaroski avait raillé : le PLU i HD maltraite réellement les Aînés. Quand on veut d’un côté « ne pas prévoir de croissance démographique substantielle dans les secteurs non desservis par des transports collectifs structurants », c’est-à-dire le tramway, et qu’on écrit ensuite qu’il s’agit de « favoriser les logements adaptés au vieillissement en termes de localisation au plus près des services de proximité et de transport » que comprend-on ?
Quand on voit la dégradation progressive, rapide et assumée des services de transport en commun dans des quartiers pourtant signalés comme étant ceux de nombreux résidents âgés aux déplacements difficiles, que faut-il comprendre ?
D’un côté, moins de bus pour aller au marché, moins d’arrêt de proximité au profit de gros « hub » (c’est à la mode !) destinés à « améliorer la vitesse commerciale » des autobus.
De l’autre, un message qu’il faut traduire sans faux-semblant : « les vieux n’ont qu’à aller habiter près du tram ! »
Et c’est nous qui sommes outranciers et caricaturaux ?
Quand on explique à des personnes que l’endroit où elles vivent n’est pas conforme à l’idée qu’on se fait d’une approche « correcte » de l’urbanisme, on n’est pas une « ville amie des Aînés ».
Quand le PLU i HD, au contraire du PLU de Talant qu’il va remplacer, mise tout sur les constructions nouvelles et si peu sur la rénovation, la mise à jour des logements, on voit bien l’idée qui est à la manœuvre et qui est même clairement inscrite : celle d’en finir avec les lotissements.
Libération, les Montoillots, les Logis de Bourgogne… Ces quartiers, la Métropole n’en veut plus ; et des gens qui les habitent non plus. »

Christine ENCINAS
« Mesdames, Messieurs, chers collègues, les faiblesses du PLU i HD sont nombreuses. Parmi elles, le problème du stationnement. Le sujet est majeur dans l’urbanisme d’une ville, plus encore quand on y intègre l’habitat et les déplacements.
Nous avons tous compris que la Métropole n’aime pas la voiture. Passe encore qu’elle confonde la pollution du moteur avec celle du véhicule (alors que ce n’est pas forcément lié), passe encore qu’elle condamne la voiture électrique tout en développant les navettes électriques en ville et le tramway (qui ne roule pas au jus de pamplemousse, il me semble !)…
Mais ignorer la propre géographie du territoire pour ne pas avoir à questionner une idéologie qui confine au dogme, quelle faute !
Dans tous les documents qui constituent les pièces réglementaires du PADD, il manque une carte et une seule ; toutes les thématiques sont illustrées par une cartographie sauf… le stationnement ! Si j’ose dire : « circulez, il n’y a rien à voir ! »
Et lorsqu’on s’en étonne, les services de la Métropole sont radicaux dans leurs explications : pas besoin de carte ; les règles sont les mêmes partout, sauf le long du tram où elles sont plus dures encore. C’est- faux, évidemment, puisque le territoire est divisé en 3 zones avec chacune son régime particulier : Dijon (et pourquoi la mettre à part ?) dont le centre-ville est hors PLU i, puis une première et une seconde couronne.
Là où le bât blesse, c’est que malgré ses demandes réitérées, appuyées, insistantes, Talant n’a pas obtenu que les dispositions relatives aux stationnements contenues dans son PLU soient reprises sur son territoire dans le PLU i HD. Exemple flagrant et volontairement brutal d’une approche qui ne reconnaît aucune particularité de territoire : Talant, au relief accidenté, est considérée comme Longvic, ville plate. Comme si le recours à l’automobile était de même nature dans ces deux villes, comme si la proximité avec le centre métropolitain était la même.
Il aurait été facile et de bonne politique de conserver dans les PLU locaux ce qui faisait consensus dans un ensemble territorial cohérent, dans un urbanisme qui a déjà son histoire, ses pratiques, ses modes de vie.
A Talant, le vélo ne peut pas remplacer la voiture : tout le monde n’a pas la santé et les poumons pour monter la rue de Bellevue à la force des mollets. Et, faute de prendre en compte la réalité physique du territoire, les Talantais ne sont pas « surmotorisés » ; contraindre à des changements de comportements incompatibles avec le réel en réduisant les stationnements, c’est prendre le risque qu’encore plus de voitures soient garées n’importe où, n’importe comment, sur les trottoirs. »


 Fabian. RUINET
« INTERVENTION SUR LE PLUI HD
Mesdames, Messieurs, Chers élus,
Nous sommes amenés à nous exprimer, aujourd’hui, sur la mise en place du PLUI HD de la Ville de Talant, et ce, pour plusieurs années. Nous souhaitons inscrire notre démarche dans une perspective d’avenir basée sur le maintien des idées fortes en matière d’urbanisme, mais aussi l’adaptation des perspectives de l’habitat.
Il faudra tracer à notre ville un avenir et une définition précise de ce que nous attendons dans les années à venir en matière d’habitat et de déplacement. Talant doit rester un trait d’union entre la ville et la campagne. C’est notre raison de vivre qui ne peut pas être traité depuis le Grand Dijon par une armée d’idéologues ; notre quotidien n’est pas leur. On peut mutualiser des moyens et en même temps respecter les choix municipaux des communes membres.
Alors que les gilets jaunes veulent être entendus, on simule une consultation des habitants sur le PLUI HD. Il est vrai que tout citoyen réclame des référendums, et en échange certains les piétinent régulièrement. C’est le syndrome Notre-Dame-des-Landes. Il faut être respectueux de l’avis de chacun. La commune et les habitants doivent être respectés.
A Talant, la richesse de notre habitat réside dans sa diversité avec des quartiers très distincts. Les Montoillots ne ressemblent en rien au Bourg qui lui-même ne ressemble pas au Belvédère. C’est la richesse de notre Ville. Nous voulons que ce document respecte davantage les équilibres du territoire. Un quartier de maisons doit rester en maisons. En quelque sorte, l’histoire de notre urbanisme, c’est ce qui permet au futur de ne pas être n’importe quoi, encore faut-il que nous ayons l’emprise nécessaire !
Nous ne sommes pas opposés aux constructions, à condition qu’elles respectent d’abord son intégration dans le paysage. On ne peut faire un travail sur les observatoires paysagers et en même temps construire à tout rompre. Nous sommes favorables à la construction d’immeubles le long du boulevard de Troyes, ce qui veut dire que nous ne sommes pas non plus opposés à tout.
Nous voulons continuer à maintenir des espaces naturels en Ville que certains considèrent à tort comme des dents creuses. C’est ici, qu’existe le tout béton et qui détermine ce que nous ne voulons surtout pas.
La chasse permanente, et souvent ridicule, à la voiture nous paraît totalement déplacée. On peut utiliser des transports en commun et aussi avoir deux voitures par logement. Il faut de la cohérence et surtout comprendre le mode de déplacement des habitant pour établir un document d’urbanisme qui soit cohérent.
On peut accompagner la transition énergétique et aussi éviter d’empiéter sur les terres agricoles.
Le PLUI HD imposé par le Grand Dijon ne correspond pas à ce que nous voulons pour Talant, notre refus courageux doit permettre néanmoins d’envisager non seulement une autre méthode mais surtout une autre gouvernance pour le Grand Dijon. 

b.     S. WOYNAROSKI
c.      C. GAUCHER
Textes non-connus



 

mardi 8 janvier 2019

TRAVAUX DE VOIRIE : LA MÉTROPOLE SE DÉDIE !!



Dijon Métropole avait annoncé fin novembre (voyez Talant Magazine N°92 - Décembre 2018) un certain nombre de travaux de voirie, dont la fin de l'aménagement de la rue de la Toison/Rue de la Libération.
Las ! La Métropole est revenue sur ses engagements ! Pour Talant comme pour les autres villes, les 12 millions d'euros prévus globalement pour la voirie se réduisent à 860 000 euros de travaux nouveaux ! L'essentiel de la somme partant dans le fumeux système On Dijon,  qui doit centraliser toute la gestion de l'espace public.
On n'est pas obligé de croire l'incroyable : mais on peut aller le constater et juger sur pièces, via la page Transparence Métropole.



mercredi 19 décembre 2018

Consultation sur l'avant-projet de règlement du PLUi-HD de Dijon Métropole


Monsieur l’Adjoint délégué du Fait Métropolitain expose au conseil municipal :

Le 17 décembre 2015, la Communauté urbaine du Grand Dijon, devenue Métropole par décret du 25 avril 2017, a prescrit l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme intercommunal valant Programme Local de l’Habitat et Plan de Déplacements urbains (PLUi-HD) sur l’ensemble du territoire métropolitain et arrêté les modalités de collaboration avec les vingt-quatre communes membres.

La Ville de Talant, consciente des enjeux majeurs induits par un PLU intercommunal, a engagé une large concertation des habitants qui s’est étendue entre la fin 2016 et le premier semestre 2017. La réponse citoyenne massive des Talantais a validé l’initiative communale : les habitants ont fait savoir ce quils attendaient de lurbanisme dans leur ville et dans leur métropole.

Conformément à l’article L.153-12 du code de l’urbanisme, un débat portant sur les orientations générales du Projet d’Aménagement et de Développement Durables (PADD) s’est tenu au sein du conseil métropolitain et des conseils municipaux des communes membres.

L’avant-projet du PLUi-HD de Dijon Métropole a été transmis le 11 octobre pour avis à l’ensemble des communes membres. Le 20 novembre 2018, le conseil municipal de la commune de Talant a décidé, à l’unanimité moins 4 abstentions, de ne pas se prononcer, considérant que toutes les réponses n’étaient pas données sur un certain nombre d’interrogations émises par la commune et dont le détail est rappelé ci-dessous :

1.                    Pour les remarques d’ordre rédactionnel ou technique :

-       Définir un lexique plus précis par souci de transparence et de bonne compréhension vis-à-vis des Talantais,
-          Prévoir une protection au titre du patrimoine d’intérêt local des cadoles et des murgers identifiés par la commune,
-          Classer en tissu urbain aéré les quartiers pavillonnaires autres que celui des Cerisiers,
-          Pouvoir déroger aux dispositions relatives à la pose de coffrets de volets roulants en rénovation,
-          Maintenir son interrogation par rapport à la hauteur des clôtures et murs bahuts jugée trop faible,
-          Représenter sur la carte et traiter dans la note explicative les arbres isolés.

2.                  Pour les points sensibles et remarquables :

-          Favoriser l’implantation de logements « non sociaux » dans le quartier du Belvédère afin de faciliter la mixité sociale (demande formulée explicitement par les Talantais lors de la concertation organisée par la Ville en 2016/2017),
-          Exclure des logements aidés supplémentaires le long du boulevard de Troyes,
-          Protection des entrées de ville et notamment l’axe route de Troyes.

3.                  Pour les points fondamentaux sur lesquels la Ville de Talant souhaite voir une évolution :

-          Inscrire au PLUi un secteur adapté aux projets de centrale solaire,
-          Autoriser l’implantation de cinémas, centre de congrès et d’exposition pour l’ensemble des communes et non uniquement à Dijon,
-          Maintenir les dispositions du PLU actuel concernant le stationnement des véhicules, soit 2 places de stationnement par logement,
-          Uniformiser l’emprise au sol (150 m²) des constructions en zone naturelle secteur Npe pour Dijon et les autres communes de la Métropole, en excluant les équipements publics.

Vu
-          Le code général des collectivités territoriales ;
-          La loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains ;
-          La loi n° 2003-590 du 2 juillet 2003 Urbanisme et Habitat ;
-          La loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement ;
-          La loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et à l’urbanisme rénové ;
-          L’ordonnance n° 2015-1174 du 23 septembre 2015 relative à la partie législative du livret 1er du code de l’urbanisme ;
-          Le décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015 relatif à la partie réglementaire du livre 1er du code de l’urbanisme et à la modernisation du contenu du Plan Local d’Urbanisme ;
-          L’arrêté préfectoral en date du 20 décembre 2014 portant transformation de la communauté d’agglomération dijonnaise en communauté urbaine ;
-          Le décret n° 2017-635 du 25 avril 2017 portant création de la métropole dénommée « Dijon Métropole » ;
-          La délibération du conseil municipal du 03 mars 2018 prenant acte du débat organisé par le conseil municipal sur les orientations générales du Projet d’Aménagement et de Développement Durable ;
-          La délibération du conseil municipal du 20 novembre 2018 portant avis sur l’avant-projet de PLUi-HD ;

Considérant que Dijon Métropole n’a donné aucune réponse aux demandes formulées par la commune de Talant, en date du 3 octobre 2018,
Considérant que la procédure générale a été en plusieurs occasions maltraitée,
§  Par la présentation en conseil métropolitain d’un PADD différent de celui présenté pour avis aux communes, ce dont la ville de Talant s’est étonné auprès de Dijon Métropole
§  Par un calendrier erratique et précipité, aboutissant à des documents incomplets, tronqués et mis à jour pendant les phases où ils étaient laissés à l’appréciation des communes
Considérant que les intérêts des Talantais (tels qu’exprimés à l’issue de la concertation lancée en 2016) ne sont pas pris en compte dans le projet de règlement,
Considérant qu’en l’état le projet de règlement ne résulte pas d’un partage des points de vue mais vise à en imposer un seul,
Constatant que Dijon Métropole n’a manifestement pas saisi l’importance d’aboutir à un PLUi-HD qui fût acceptable dans le quotidien des habitants plutôt que d’être urbanistiquement dans l’air du temps c’est-à-dire périmé dans son approche,
Constatant que le travail méticuleux fourni par les élus, les services municipaux et les habitants de Talant n’est que très superficiellement pris en compte,
Constatant que l’identité des différents territoires de la Métropole, de leur histoire, de leur sociologie, de leur réalité est gommée par une standardisation autoritaire,

Vu l’avis de la commission du Fait Métropolitain du 10 décembre 2018,

Le Conseil Municipal, après en avoir délibéré,
§  Emet un avis défavorable sur l’avant-projet de règlement du PLUi-HD de Dijon Métropole,

Le PLU i HD : 1805 pages. On promettait Austerlitz et ce fut Trafalgar !